« Que la force soit avec toi », phrase culte d’un certain film que je ne nommerai pas et que je me répétais comme un mantra en jouant à EVERSPACE. EVERSPACE, le nouveau roguelike tendance de l’espace tout droit sorti des turbines du studio ROCKFISH GAMES, et d’après mes sources, leur premier jeu. EVERSPACE est un shooter qui peut se jouer à la 3ème ou 1ère personne et où l’on va explorer différentes galaxies afin de combattre des vaisseaux « hors-la-loi », récolter des ressources, réparer son vaisseau, bref aller le plus loin possible en somme. Ce jeu connu pour ses graphismes et la qualité de ses animations avait proposé un early-access en 2016 et vient de sortir sa version finale. Celle-ci répond-elle aux promesses et attentes ?

Réponse dans ce test.

(Re)start ever and ever

Comme je l’ai dit auparavant, EVERSPACE est un roguelike qui se passe dans l’espace, le vide intersidéral. Commençons par parler du gameplay. Le vaisseau de base offre deux armes différentes, un rayon laser permettant de détruire les boucliers des ennemis, et une « gatling » sorte de mitrailleuse qui est optimisée pour détruire la coque des vaisseaux. Le vaisseau se manie bien, la prise en main est relativement rapide et les contrôles intuitifs dans leur ensemble. On déplorera le manque de contenu du tutoriel : en effet celui-ci vous apprend les commandes ultrabasiques, tirer, esquiver, et comment récupérer de l’essence. C’est bien tout ce que vous y trouverez messieurs-dames, pour le reste c’est avec votre couteau de survie que vous apprendrez dans la douleur le fonctionnement de certains mécanismes.

Par exemple rien ne vous est expliqué concernant la portée des armes ou le placement à avoir lors des combats. Vous disposez par ailleurs d’une jauge qui permet de booster le vaisseau, d’avancer à très grande vitesse, et tirer pompera également de l’énergie sur cette jauge d’où la nécessité de faire très attention à la gestion de celle-ci. Notez que s’arrêter momentanément ou bien ralentir permettra de recharger la jauge. Seulement, quand vous êtes pourchassé par des croiseurs, s’arrêter est synonyme de mort et ralentir quasiment pareil. On se questionne donc sur le système de combat qui peut devenir vite frustrant car il est très difficile de connaître la portée de vos armes, ce qui fait que bien souvent, on ne touchera pas sa cible.

Le système de visée est quant à lui assez classique, mais peu familiarisé aux jeux de ce genre, cela a été pour moi difficile et agaçant de le prendre en main. Les vaisseaux ennemis bougent sans cesse pour se placer derrière vous, et se retourner tout en se plaçant à portée et viser correctement est loin d’être une sinécure, surtout quand les copains vous mitraillent les fesses pendant ce temps-là. On pourra néanmoins trouver d’autres armes en ayant de la chance, le laser est notamment la meilleure que j’ai pu essayer, précise, longue portée, dégâts équilibrés entre le bouclier et la coque, elle sera l’arme parfaite pour les néophytes de ce genre de jeu – encore faut-il la trouver. Dernière précision, vous disposez de missiles en quantité limitée, je vous recommande donc de les utiliser avec parcimonie car ils sont très puissants, visent automatiquement (Alléluia !) et permettent parfois de « one shot » un ennemi de base.

Die and retry

EVERSPACE est un jeu, roguelike oblige, où vous avez tout intérêt à mourir, en effet pendant vos runs, longs ou courts, vous récolterez de l’argent, des « crédits » qui vont permettront d’améliorer votre vaisseau et de miser sur le long terme. Davantage de dégâts, amélioration de chance de trouver des crédits, nouveaux emplacements d’armes ou optimisation du scanner seront une partie des nombreuses améliorations que vous pourrez faire. De plus, chaque amélioration comprend plusieurs niveaux, jusqu’à 14 pour certains, et passer au niveau supérieur coûte évidemment de plus en plus de cash, vous devrez donc, en fonction de votre skill, faire beaucoup de runs pour que votre vaisseau soit complètement optimisé.

On comprend vite le bienfait de mourir, en effet je vais améliorer mon vaisseau, ce qui facilitera mon prochain run, je vais pouvoir tuer plus d’ennemis, récolter plus de ressources, tenter de rechercher des butins rares, bref m’améliorer en tous points. Ceci-dit la frustration est présente encore une fois car les niveaux étant générés de manière procédurale, vous pouvez commencer le run en étant instantanément attaqué par des ennemis sans même avoir deux minutes pour vous poser et explorer. Un autre choix discutable des développeurs est de ne pas laisser la possibilité au joueur d’explorer. Si vous restez trop longtemps dans une zone, des chasseurs d’élite viendront vous botter les fesses et il est impensable de les affronter car votre chance de gagner est proche du néant total qui vous entoure. Personnellement, je trouve ça très paradoxal compte tenu du fait que le jeu est magnifique et que l’explorer est un grand plaisir, nous y reviendrons.

« Luke, I am your father»

Tout le monde se rappelle de ce twist final de Star Wars qui est devenu légendaire dans la série du sieur Georges Lucas. A l’instar d’un film hollywoodien, EVERSPACE est scénarisé : en effet vous avez un petit pitch de départ qui vous met dans la peau d’un astronaute ou pilote devenu fou (tout du moins il le pense) et qui se fait emprisonné. Par la suite, certaines missions lui sont confiées comme de nettoyer l’espace de ses gangrènes pullulantes. Le jeu est divisé en plusieurs factions et dont certaines se partagent le pouvoir mais personne n’a envie de voir les pirates de l’espace piller les ressources des grandes multinationales.

Vous aurez par ailleurs la possibilité d’améliorer la compétence « diplomatie » qui vous permettra de devenir un fin négociateur et de marchander des prix plutôt intéressants dans les stations-services de l’espace (oui, oui) ainsi que dans les stations de réparation qui vous seront très utiles tant les matériaux pour réparer votre coque sont difficiles à trouver. Attaquer les drones neutres qui récoltent les ressources, ou essayer de piller les stations susnommées ne sera pas sans conséquence et les chasseurs de celles-ci, qui d’habitude vous laisse tranquille, vous pourchasseront sans relâche. Vous avez néanmoins la possibilité de subtiliser des ressources qui sortent d’installations de minage : si vous le faites discrètement personne ne viendra vous chercher des noises.

Au scénario de base se rajouteront des quêtes annexes : détruire 10 vaisseaux ennemis ou encore gagner 5000 crédits en un run… Ces missions facultatives vous permettront de récolter de l’argent bonus et donc d’optimiser plus rapidement votre vaisseau, ou mieux si vous devenez Crésus, de racheter un nouveau vaisseau. L’argent étant perdu entre chaque run, vous ne pouvez pas économiser pour acheter un gros équipement, vous êtes obligé de dépenser votre pécule au risque de le perdre tout simplement. De plus vous aurez des missions annexes obligatoires. En effet, le robot vous accompagnant et vous guidant calcule un point de passage entre chaque zone, une sorte d’hyper-saut. Parfois cela sera impossible, et vous devrez chercher la station de brouillage pour la pirater et la désactiver. D’autre part, vous pourrez pirater des stations de communications et autres systèmes afin de glaner des ressources.

Lost in the wild

Nous voici arrivés dans la partie qui d’après moi constitue la plus grande force de ce jeu, la direction artistique. Les niveaux sont d’une beauté vertigineuse, on se sent vraiment perdus dans l’espace aussi infini que mystérieux. Les chaines d’astéroïdes et le mélange des couleurs donnent lieu à des paysages magnifiques sans précédent dans ce type de jeu. Parfois on voit au loin une immense galaxie en forme de cercle qu’on aurait juste envie d’aller explorer tellement c’est beau et attirant, mais c’est une chose que l’on ne peut pas faire car ce n’est pas le but du jeu. Et c’est là que le bât blesse. Les développeurs nous offrent un univers somptueux et varié (aucun niveau ne se ressemble), mais nous enlève la possibilité de l’explorer. Un véritable supplice de Tantale ! Comme je le précisais précédemment, vous n’avez le droit qu’à quelques minutes dans un endroit avant de devoir fuir vers une autre zone à cause de ces foutues troupes élites qui vous pourchassent.

Cela nuit à l’expérience d’exploration du jeu, un univers comme celui-là ne demande qu’à être explorer et certains joueurs comme moi voudront parfois se balader rien que pour apprécier la beauté des environnements et apprécier le travail de développeurs – comme dirait Atomium pour « se décoller la rétine ». Une sensation paradoxale de plénitude règne dans cette immensité de vide peuplée d’astéroïdes, d’étoiles brûlantes ou de galaxies, mais l’épée de Damoclès du temps nous empêche d’apprécier cela, et c’est même dommage pour les développeurs qui ont mis tant d’efforts à nous faire un jeu aussi splendide. Néanmoins, on peut reconnaitre un travail de très grande qualité au niveau des textures et des sons par ailleurs : les bruitages sont absolument excellents, que cela soit au niveau du vaisseau ou des tirs et même de la voix du robot. Tout est parfait et digne des plus grands talents en matière de réalisation d’univers spatial.

Conclusion

EVERSPACE est un jeu unique dans sa réalisation et il est d’une beauté sans précédent. La direction artistique est d’un niveau de compétence rarement atteint dans ce genre de roguelike, l’immensité et l’infini de l’espace ainsi que la diversité des paysages laisseront vos yeux ébahis et l’on pourrait presque croire que l’on y est nous-même. Et je ne parle même pas de la VR (réalité virtuelle) qui est proposée si vous en avez les moyens ! Tout en restant propre dans ses mécaniques et dans son gameplay, le jeu oblige le joueur à explorer et à recommencer de nombreuses fois pour comprendre et découvrir certaines choses – rien de surprenant pour un roguelike. Pour 27,99€ hors promotion sur Steam, EVERSPACE est sans conteste un bon investissement pour les amateurs de roguelike, qui seront heureux d’avoir un scénario assez chiadé en bonus d’un jeu qui réunit les composantes classiques mais maitrisées du rogue-like.

Everspace est développé et publié par le studio allemand Rockfish Games et est disponible sur Steam (Microsoft Windows et Mac) depuis le 26 mai 2017.

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