Bienvenu dans l’ère du jeu indépendant, un univers riche et varié qui nous offre aujourd’hui une nouvelle perle du studio Cherrymochi : Tokyo Dark.

Ce jeu édité par Square Enix a bénéficié d’une campagne de Kickstarter en mai 2015 qui lui a rapporté 225 386$ pour 40 000$ demandés par le studio et un nombre conséquent de 5551 donateurs. Après un tel engouement, on ne pouvait qu’espérer que le jeu soit à la hauteur des attentes des joueurs ainsi que le respect de la promesse d’un visual novel inspiré de plusieurs jeux comme Heavy Rain, Shenmue ou encore The blackwell legacy. Le jeu est-il à la hauteur de ce qu’on pouvait espérer ? Réponse dans ce test.

Tokyo Dark : Dark story

L’histoire prend place en incarnant Ayami, une inspectrice ayant perdu son partenaire plusieurs mois auparavant et ayant subitement eu un indice qui pourrait permettre de le retrouver : son téléphone portable. Celui-ci permit de localiser l’endroit où pourrait se trouver Ayami et c’est donc notre point de départ. Ayami, en route pour Tokyo a cependant pour instruction de faire un « check-up » et d’attendre les renforts, en effet son état psychique est loin d’être stable, comme le laisse entendre son chef direct par téléphone de part un incident arrivé quelques mois plus tôt.

Dès le début du jeu, on sent l’ambiance sombre et malsaine du jeu, les musiques très graves ainsi que l’environnement glauque et sordide nous fait dire qu’on est très loin d’un jeu à Happy end. Ayami démarre son enquête en faisant ce que tout bon flic ferait, en posant des questions et en fouinant. On se rend compte très vite que les choix que l’on fait où réponses que l’on donne auront un impact (bien que limité) sur l’aventure. Le tutorial scénarisé nous permet de nous imprégner des subtilités du jeu durant les deux premières heures. Certaines choses ne vous seront pas expliquées dès le début, mais avec un brin de bon sens et de la jugeote, on peut facilement deviner ce qui va nous être dit concernant les mécaniques du jeu.

Point, choose, click and read

Le jeu se compose de mécaniques de bases d’un point’n’click et d’un visual novel, Tokyo Dark étant un subtile mélange des deux. En effet vous aurez relativement beaucoup de lecture (intégralement en anglais) du aux nombreux dialogues et aux pensées de Ayami qui sont discernées par un fond rouge derrière le texte au lieu d’un fond noir quand elle parle. Certains personnages seront réticents à vous donner des informations, plusieurs choix s’offrent donc à vous, par exemple la force ou la manière douce, là encore ces choix auront un impact direct sur le jeu mais sachez que le choix le plus rapide n’est pas toujours le meilleur. Pour illustrer ce propos, prendre un whisky au bar pour sympathiser avec le barman qui n’aime pas les flics vous fera baisser votre jauge de professionnalisme, prendre des médicaments augmenteront votre état physique mais baissera votre jauge investigation etc.

Ces 4 items dans le menu, sanitaire, investigation, professionnalisme et névrose seront votre guide de conduite lors du jeu ainsi qu’une carte de votre état psychique et physique général. Le mieux est de faire en sorte que l’état reste stable pendant toute la durée du jeu et beaucoup de choix peuvent vous induire en erreur quant à la décision à prendre et ainsi vous faire gagner des malus. Je n’ai jamais atteint le point critique d’un des items mais on peut facilement imaginer que si l’item « névrose » arrive à son paroxysme, vous vous suiciderez ou tomberez en dépression. Vous serez également limité parfois dans le temps pour faire vos choix (20 secondes), un outil formidable car il apparait (évidemment) dans des situations très stressantes où il est difficile de faire le bon choix, un astucieux moyen de reproduire la problématique du « feu de l’action » dans la vraie vie, de fait vous allez certainement regretter ces choix et vous dire : « Et si j’avais pris l’autre, que ce serait-il passer ? ». Mais pas de panique le jeu offre une bonne rejouabilité et vous pourrez faire les choix que vous n’avez pas faits auparavant.

Tokyo Dark is an anime?

Pour tous ceux qui ne connaissent pas le principe d’un Visual novel, il s’agit d’un livre interactif ou l’on n’est pas que spectateur mais acteur et faisons des choix. Tokyo Dark, bien que Visual novel rajoute une dimension Point’n’click dans son jeu, c’est-à-dire cliquer pour prendre des éléments et interagir avec, ou cliquer sur les personnages pour leur parler etc. Vous n’aurez donc, hormis certaines brèves animations que des dessins fixes façon manga des personnages qui vous parlent. La seule vraie animation sera celle de Ayami se déplaçant à travers les différentes rues et celles où elle décide de tirer, de frapper, de menacer etc.

La direction artistique est tout ce qu’il y a de plus standard pour un manga, pas de fantaisies de ce côté-là mais un design de la ville de Tokyo très mature et sombre bien que parfois ponctué par de brèves apparitions de lieux ou quartiers très lumineux qui ne font que renforcer l’ambiance sombre du titre. Les musiques sont très variées et diffèrent selon chaque environnement, elles collent pour la plupart parfaitement à l’ambiance des locaux, que ça soit en discothèque, dans les égouts où encore chez une éleveuse de chats (oui, oui) ! Une grande carte vous permettra par ailleurs de voyager dans les différents environnements, le jeu étant linéaire, vous n’aurez que très peu souvent le choix des destinations, ceci étant dit rien ne vous empêche d’aller faire du tourisme dans les autres quartiers de la ville.

Conclusion

Tokyo Dark est la bonne surprise de septembre, ne l’attendant pas du tout et ne sachant pas à quoi m’attendre, je suis surpris de la qualité des dialogues ainsi que de l’intrigue qui se cache derrière le personnage sympathique mais torturé d’Ayami. Interagissant avec beaucoup de personnages différents, Ayami nous faire découvrir son histoire à travers divers endroits qui ne se ressemblent jamais et qui ont tous une âme propre. Le fait est qu’on a envie d’avancer et de découvrir ce qui se cache derrière cette série indices que l’on ramasse tel le petit poucet.

Au revoir Sherlock Holmes et bonjour Ayami, une flic et détective unique autant dans ses méthodes que dans sa personnalité. Si vous aimez les polars et l’ambiance anime dans les jeux, celui-ci sera sans aucun doute votre jeu du moment. Disposant d’une rejouabilité pour connaître ses deux fins différentes et pour découvrir quelles sont les conséquences des autres choix, vous en aurez pour votre argent mais âmes sensibles s’abstenir, Tokyo Dark regorge de dangers et vous aurez le temps de l’expérimenter.

Tokyo Dark est développé par le studio japonais Cherrymochi, publié par Square Enix et est disponible sur Steam (Microsoft Windows) depuis le 7 septembre 2017.

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