« Il y a quelques temps, Romain est venu me solliciter en découvrant Graal.fr. Après discussion, nous avons convenu d’une collaboration régulière. Tous les mois, ce rédacteur de profession et joueur de passion vous proposera, ici-même, un nouveau test de jeu qu’il a apprécié. Et pour commencer, il a décidé de nous parler de Kingdom Come Deliverance. »

Sorti en 2018, Kingdom Come Deliverance a fait beaucoup parler de lui. Pas pour la bonne raison malheureusement, car le jeu était blindé de bugs empêchant les joueurs de pouvoir suivre l’histoire d’HAkim, Henry le fils du forgeron.

Obtenu dans le pack Humble Bundle d’août 2019, j’avoue avoir mis un peu de temps avant de le lancer. Il faut dire que je n’ai jamais été vraiment fan de jeux de simulation et d’open world type Skyrim.

Donc, j’étais assez mal parti. Mais pourtant…

Préparez-vous à faire connaissance avec Henry, le fils prodige

Notre récit prend place dans la Bohême du 15e siècle. Pour les personnes, comme moi, qui sont nulles en histoire-géographie, sachez que la Bohême est une région d’Europe centrale située actuellement en Tchécoslovaquie (merci Wikipédia !). Tiens, d’ailleurs, les développeurs de Warhorse Studio sont tchèques. Comme par hasard…

Les premières heures du jeu qui font office de prologue nous permettent d’en apprendre plus sur la vie d’Henry, le fils du forgeron du village de Skalice. On comprend assez vite que même si son père veut l’inciter à prendre sa suite, Henry a d’autres idées en tête. En effet, il passe son temps à se battre et à courtiser la serveuse du bar.

Ces premières heures de jeu nous permettent de mieux appréhender ce que nous allons endurer dans le récit raconté par Kingdom Come Deliverance. Car oui, il faut se préparer à en baver.

Un simulateur de balade et de baston à l’ère des chevaliers

En lançant le jeu, ce qui frappe de prime abord, c’est la volonté des développeurs à vouloir mettre l’accent sur le réalisme avant tout. Ce qui signifie que l’on est très loin du « je rentre dans le tas comme un bourrin et on verra ce qui va se passer ». D’ailleurs, le premier combat à mains nues ou à l’épée vous met dans le bain. Personnellement, j’ai pris super cher.

En fait, on comprend assez vite qu’Henry est novice en tout. Aussi bien en bagarre qu’en éloquence, en équitation voire même en débit de boisson, en crochetage ou en vol à la tire. Comme dans Skyrim, c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Et donc, vous devrez vous entrainer pour évoluer.

Ainsi, plus vous marchez/courez et plus vous gagnez en agilité. Plus vous vous battez et plus vous cumulerez de points de force qui vous serviront ensuite à porter de plus lourdes charges ou à faire plus mal. Sans oublier le fait de vous améliorer avec les différentes armes proposées pour apprendre des combos de plus en plus meurtriers.

À savoir : il est aussi possible (voire même primordial) d’apprendre à lire. Sans oublier de dormir et manger quand il faut au risque de mourir. Les développeurs ont même poussé le vice jusqu’à nous inciter à nous nettoyer quand on veut parler aux PNJ au risque de subir quelques malus en éloquence.

Il faut savoir à quoi s’attendre en commençant une partie de Kingdom Come Deliverance. Si vous cherchez de l’arcade, passez votre chemin.

Un gameplay convaincant, mais difficile à maitriser

Sans spoiler, le jeu commence réellement au moment où votre village se fait attaquer par une armée conséquente (celle du roi Sigismond). Obligeant Henry à fuir. C’est ici que commence véritablement l’aventure qui vous tiendra en haleine pendant une vingtaine d’heures en ligne droite ou beaucoup plus si vous voulez finir le jeu à 100%.

Car, en plus de monter toutes les compétences d’Henry au maximum si vous le souhaitez (ce qui va vous prendre déjà un bon moment), sachez qu’il est possible de vous lancer dans de nombreuses quêtes annexes. Voire même de vous adonner à quelques activités sympas, dont un duel aux dés ainsi que des tournois.

Dans tous les cas, je ne peux que vous conseiller de vous entrainer quand vous le pouvez. Car toute la partie combat est difficile à appréhender et à maitriser. Un exemple pour illustrer cela : au tout début du jeu, on nous invite à aller réclamer de l’argent auprès d’une personne. Celle-ci refuse et vous pouvez faire parler les poings pour essayer de la convaincre de vous payer. Eh bien, j’avoue que je ne m’attendais pas à prendre une telle déculottée. Oui, il m’a massacré et je suis reparti tout penaud. Je dois avouer que ça fait bizarre dans un jeu.

Idem pour le premier combat à l’épée. N’essayez même pas de vous attaquer à 2 bandits en même temps au risque de mordre la poussière. Faites aussi attention aux archers qui peuvent vous enlever une grande partie de votre vie à la moindre flèche et, en prime, vous faire saigner jusqu’à la mort (je n’ai d’ailleurs pas compris comment marchent les bandages…).

En fait, les combats se déroulent toujours de la manière suivante : vous mettez votre casque si vous en avez un (je trouve d’ailleurs l’effet très sympa), vous sortez votre arme et vous faites face à l’ennemi. Ici, vous avez le choix entre porter un coup d’estoc, un coup vers la tête, au bras gauche, au bras droit ou en bas à gauche et à droite. Si vous avez joué à For Honor, vous voyez sans doute de quoi je veux parler (j’ai vu aussi des références à Mount and Blade, mais je n’y ai pas joué donc je ne peux pas dire). Chaque coup consomme une partie de votre barre d’endurance. Ainsi, le but sera d’utiliser votre endurance à bon escient pour frapper au bon moment ou vous défendre quand il faut. Car une barre d’endurance vide signifie la mort à coup sûr. À cela on rajoute des contre-attaques, des feintes et des combos. Vous aimez les combats longs et difficiles ? Vous allez être servis. Certains boss sont d’ailleurs à s’arracher les cheveux.

Et niveau technique, ça donne quoi ?

Je ne suis pas vraiment un spécialiste en graphismes, framerate, etc. Sur mon PC ni trop nul, ni au top du top, le jeu était fluide et relativement beau. J’ai d’ailleurs été épaté par le travail réalisé pendant les dialogues. Les cinématiques sont belles et les animations des visages sont réalistes. Bon, il y a encore quelques soucis au niveau de la synchronisation labiale, mais on voit cela dans tous les jeux donc on fait avec.

Par contre, tous les dialogues sont doublés. Et ça, c’est cool ! Surtout que l’histoire est bien écrite. Ce qui donne à Kingdom Come Deliverance un aspect jeu narratif avec une bonne composante gameplay et RPG.

Par contre, quelques bugs sont encore à déplorer, même plusieurs années après. Certains sont gênants, mais passent encore (le cas des buissons infranchissables ou du personnage qui n’apparait pas pendant les phases de dialogue). D’autres sont plus embêtants. J’ai d’ailleurs eu quelques crashs qui m’ont obligé à revenir quelques dizaines de minutes en arrière. Sans parler des gardes qui nous arrêtent sans raison.

Car, en plus d’avoir un jeu avec une stabilité qui fait des siennes, la sauvegarde n’est pas vraiment ce qu’on a vu de plus pratique dans un jeu. En fait, vous ne sauvegardez votre partie que quand vous dormez dans VOTRE lit (la nuance est importante) ou à l’auberge. Les développeurs ont mis en place un système de sauvegarde rapide avec un consommable, mais on en trouve si peu qu’on n’a pas vraiment envie de l’utiliser à tout va. J’ai aussi vu qu’il était possible de quitter la partie à tout moment et d’en profiter pour sauvegarder.

En bref, Kingdom Come Deliverance n’est pas ce qui se fait de mieux au niveau de la technique. Bien qu’il soit relativement joli, il faut l’avouer.

Pour conclure

Bon, si je vous parle de ce jeu, c’est que je l’ai apprécié. Donc, la conclusion est un peu biaisée. Ce que j’ai aimé, c’est son côté réaliste. D’ailleurs, les développeurs proposent, en prime, un codex riche en détails qui fera le bonheur des fans d’histoire ou des personnes qui souhaitent en savoir plus sur la vie au Moyen-âge.

Comme je l’ai précisé précédemment, je le qualifierai de RPG avec une forte composante narrative. D’ailleurs, il pourrait très facilement être adapté en série. Le scénario est intéressant et on veut savoir comment la quête de vengeance d’Henry va se terminer.

Le gameplay est un peu déstabilisant au début, mais on s’y fait et il est plaisant de voir que l’on progresse en même temps que notre héros (surtout au combat).

Vous cherchez un jeu de chevalier difficile avec une excellente narration ? Kingdom Come Deliverance est fait pour vous !

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