Dans le petit monde du jeu vidéo, le match three a toujours eu le vent en poupe. De Columns à Candy Crush en passant par Bejeweled, ce dérivé du puzzle game a su s’adapter à toutes les époques et charmer tous types de joueurs grâce à un concept enfantin et ultra addictif couplé à une énorme rejouabilité. Le succès du genre est telle que de nombreux développeurs s’y essayent, tentant tant bien que mal d’apporter quelque chose de nouveau à la recette afin de donner à leur tambouille un goût plus prononcé et personnel. Oafmatch fait partie de ces expériences gustatives et, après un peu plus de dix heures passées à se gaver goulûment, on peut affirmer sans honte que si le festin n’avait rien d’extraordinaire il nous a bel et bien calé! Retour sur les ingrédients d’un plat bien assaisonné.

The perks of being an idiot

Premier projet de NCR Games, petit studio indé’ cofondé par Merrick Hermann et Fabio Fernandes, Oafmatch s’est exhibé pour la première fois fin 2015, via Steam Greenlight, avant de se révéler dans toute sa splendeur le 19 mai 2017 sous la forme d’un mélange match three / RPG jouant habilement sur les codes et usages propres aux deux genres afin de proposer un jeu dont la qualité première, inattendue, est d’être drôle!

L’histoire s’intéresse en effet au bien nommé Knuckles, le fameux idiot éponyme malgré tout bien plus futé qu’il en a l’air et assurément plus brutal encore, lequel parcoure des terres ravagées afin de répandre la bonne parole de son maître à grands coups de tatanes. Dans sa quête emprunte de bourrinisme et de crétinerie exacerbée, il sera rejoint par une belle ribambelle d’opportunistes caricaturant à merveille certaines des classes les plus illustres du jeu de rôle papier. Voleur roublard, prêtre blasé, paladin pieux mais dont la vie importe plus que la foi, chaque rencontre du « héros » avec ses futurs acolytes est prétexte à des dialogues savoureux faisant la part belle à l’égoïsme, la lâcheté et, plus que tout, la violence. C’est très con, souvent assumé comme tel et toujours excessivement drôle pour peu que vous ne soyez pas fâché avec la langue de Shakespeare. Si toutefois c’est le cas, ne fuyez pas pour autant! Le semblant de scénario n’est guère plus qu’un prétexte à enchainer les affrontements contre des ennemis tous plus loufoques les uns que les autres. Ennemis dont il va falloir triompher via un système de combat aux petits oignons à même de plaire même au plus chauvin des joueurs français!

Being smart about brutality

Match three oblige, c’est bien évidemment en alignant des tuiles de mêmes couleurs que vous réglerez les rixes d’Oafmatch. Trois minimum pour être précis, que ce soit horizontalement ou verticalement ce qui permettra à la fois d’occasionner des dégâts aux adversaires mais aussi et surtout de collecter une des six ressources du jeu parmi lesquelles la force, la constitution, la sagesse ou bien encore le charisme. Ces dernières pourront ensuite être utilisées par l’un des quatre personnages de votre groupe afin d’activer différents items. Chaque membre peut en porter jusqu’à deux simultanément et le moins que l’on puisse dire c’est que les effets sont plutôt variés. Certains permettent d’occasionner des dégâts directs à un ou plusieurs ennemis tandis que d’autres offrent la possibilité de manipuler les tuiles à son avantage en changeant leur position ou bien encore leur couleur. À cela s’ajoute une capacité spéciale spécifique à chaque protagoniste, laquelle se déclenche lorsque certaines conditions bien précises sont remplies. Pour exemple, Knuckles bénéficie d’une réduction de dégât permanente l’empêchant de perdre en un coup plus de 50% de ses points de vie max’ alors que le clerc, dans un tout autre registre, guérira automatiquement l’intégralité de votre groupe à hauteur de 40% des blessures infligées par des tuiles mauves ou blanches. La trentaine de recrues potentielles couplée aux quelque soixante artefacts récupérables offrent au joueur un très large éventail de stratégies possibles que viennent compléter des mécaniques de jeu parfois classiques (comme la possibilité de modifier le placement de son équipe afin de maximiser les dégâts infligés / minimiser ceux reçus) parfois novatrices (pouvoir ressusciter un allié à condition de « casser » la tuile à son effigie)mais toujours bienvenues! Bref, il y a là de quoi se faire plaisir et pour un bon moment en plus!

Les poings sur les i

Impossible de clore ce test d’Oafmatch sans évoquer la durée de vie du titre, lequel fournira moult occasions aux afficionados du theorycrafting de faire carburer leurs méninges. Entre une campagne offrant des dizaines d’heures de jeu en perspective, selon que l’on soit atteint de collectionnite aïguë ou non, et un mode roguelike donnant accès à du contenu endgame exclusif et à la difficulté savamment relevée, il y a aisément là de quoi passer vos grandes vacances sur votre écran voire même de prolonger le plaisir passé la rentrée!

En définitive, et en guise de conclusion, on peut dire que NCR games n’a pas à rougir de sa première production même comparée à des ténors du genre. Oafmatch ne réinvente clairement pas la roue mais il l’a fait tourner de bien belle manière et ce sans grincements particuliers pour bouder son plaisir. Tout à la fois fun, bien pensé et complet, le titre ravira les amateurs de match three comme les non initiés grâce à sa DA cartoon, son humour débridé et son gameplay léché. Pour 5.99 euros, on ne voit vraiment aucune raison de ne pas vous le recommander.

Oafmatch est développé par le studio NCR Games et publié par Netcore Games et est disponible sur Steam (Microsoft Windows) depuis le 19 mai 2017.

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